Mai 2012 - Pharmaciens hospitaliers
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Hopipharm 2012 : focus sur la sécurité sanitaire
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Idis : à l’heure de l’actualité française
Retour d'expérience
Automatisation : une sécurité pour le circuit du médicament
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34èmes Journées Nationales d’Etudes sur la Stérilisation: « on a planché » sur les Normes
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Hopipharm 2012 : focus sur la sécurité sanitaire
Le SYNPREFH organise cette année à Lille du 23 au 25 mai son « événement annuel » s’inscrivant dans les actions de formation continue proposées par le syndicat. Un rendez-vous habituel de printemps en dehors des formations organisées en région centrées en 2011 sur la place du nouveau paysage national et régional induit par la loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire) et ses conséquences sur la profession.
Le SYNPREFH, membre de l’INPH (Intersyndicale Nationale des Praticiens Hospitaliers), avec plus de mille membres actifs et 75 % des voix aux dernières élections statutaires est le premier syndicat de pharmacie hospitalière… Au plan des pratiques professionnelles, le syndicat participe activement aux divers réseaux professionnels liés aux métiers de la santé. Il soutient et participe aux actions des instances et associations professionnelles comme l’AFSSAPS (nouvelle dénomination ANSM), l’APPAMED, EURO-PHARMAT, le LEEM et le SNITEM. La Présidente nous précise la place du SYNPREFH dans l’actualité et ses attentes pour l’avenir.
Mars 2011 : participation active aux Assises du Médicament
Mariannick Le Bot, qui préside le SYNPREFH pour la sixième année, est satisfaite que le syndicat ait largement participé à sensibiliser les pouvoirs publics sur la sécurité du médicament. 2011 a été une année « bien remplie » pour le syndicat, très impliqué dans l’actualité de ces derniers mois en matière de produits de santé. Notons son implication efficace aux Assises du Médicament débutées en mars 2011 via 6 groupes de travail mis en place avec le ministère pour aboutir à la loi de décembre 2011 renforçant la sécurité sanitaire. Cela change notamment un certain nombre de données concernant l’information sur les produits de santé. Le SYNPREFH a également travaillé dans le groupe consacré aux prescriptions hors AMM et à la définition des nouvelles modalités d’ATU et RTU (autorisations et recommandations temporaires d’utilisation).
Pour Mariannick Le Bot, « 2011 a été une année charnière pour l’AFSSAPS (aujourd’hui Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé) qui a vécu pour le moins une actualité brûlante, fortement marquée par les problèmes posés par « l’affaire du Mediator ».
La loi de décembre 2011
La loi de renforcement de la sécurité sanitaire des produits de santé repose sur trois notions principales, dont la nécessité absolue a été mise en avant par politiques et professionnels :
- Prévention des conflits d’intérêt
- Transparence des décisions
- Amélioration de l’information des patients, de la formation et de l’information des professionnels de santé
Les Assises ont mobilisé beaucoup de professionnels sur différents sujets. Pour les membres du SYNPREFH participant aux 6 groupes, une année très « lourde » en charge de travail, mais une satisfaction certaine d’avoir pu apporter leur contribution à l’édifice. Mission remplie pour le syndicat ! Pour la Présidente, il y a d’ailleurs lieu d’être satisfaite dans la mesure où le législateur a tenu compte des travaux et de plusieurs attentes professionnelles des différents acteurs interrogés…
Actuellement, de nombreux décrets d’application sont « en cours d’écriture »: nouvelles dispositions concernant la visite médicale à l’hôpital, ruptures d’approvisionnement, dérogations d’achat, réorganisation de la pharmacovigilance. C’est une quarantaine de décrets qui sont actuellement attendus : de quoi modifier quelque peu certaines pratiques de pharmacie hospitalière… Si en 2011 la crise sanitaire créée par l’affaire Médiator a déclenché une réflexion commune sur les effets indésirables des médicaments, la profession avait à plusieurs reprises été interpellée lors de différents accidents concernant des administrations de médicaments, en particulier à des enfants. Le SYNPREFH avait obtenu, « en pionnier », dès 2000, de former avec le Ministère un groupe de travail pluridisciplinaire sur la sécurisation du circuit du médicament. « Cela fait plus de 10 ans que nous travaillons sur la sécurisation de la prise en charge thérapeutique du patient hospitalisé », précise Mariannick Le Bot. Peu à peu, la « prise de conscience » de la nécessité d’informatiser le processus de soins et de mettre en place une gestion des risques a fait son chemin pour aboutir en 2004 à des recommandations, une étude d’impact en 2007, un engagement du ministère en 2009 sur de nouveaux travaux, l’arrêté du 6 avril 2011, puis une circulaire et un guide d’accompagnement en 2012 par la DGOS, des recommandations sur la bonne administration des médicaments et sur la gestion des risques par la HAS, un outil d’autodiagnostic du circuit « Interdiag » par l’ANAP.
L’informatisation du circuit des produits de santé
Les pharmaciens hospitaliers se situent au carrefour de l’informatisation du processus de soins dans les établissements et de l’automatisation et les plans Hôpital 2007 et Hôpital 2012 devaient permettre d’en faciliter les financements. On évalue actuellement à environ 30 % le nombre de lits informatisés du point de vue de la prescription et de la dispensation, précise la Présidente du SYNPREFH.
Pour elle, le processus sécurisé de dispensation débute par l’informatisation de la prescription. C’est une belle perspective pour les années à venir que d’envisager un univers hospitalier complètement interfacé : prescription du médicament, dispensation, administration et suivi thérapeutique ». Un parcours d’envergure qui assurera aux professionnels de santé et aux patients (ces derniers parfaitement en droit de la réclamer) la vraie sécurité sanitaire.
Dans le domaine de l’informatisation de la production de soins, le SYNPREFH mène depuis longtemps des actions au niveau des tutelles pour favoriser le déploiement, en particulier l’opérabilité dans le circuit.
Hopipharm : un vaste forum pour la pharmacie hospitalière
Concernant le médicament, au coeur des préoccupations d’Hopipharm, on traitera de sa surveillance accrue (effets indésirables et erreurs) dans une approche nationale, régionale. L’information sur les produits de santé, dans la poursuite des travaux des Assises sera présentée, et plusieurs confrères européens (Grande Bretagne, Irlande, Belgique) présenteront leur expérience. Sur 3 jours,Hopipharm offre à Lille un vaste panorama de l’actualité professionnelle et réglementaire sur les médicaments et les dispositifs médicaux.Vaste lieu de rencontre, Hopipharm « fonctionne » sur les échanges : présentation en auditorium de conférences scientifiques et assemblées plénières, tables rondes, « espaces d’échanges », ateliers en permanence pour que chacun trouve la bonne réponse en matière de formation et d’information. Chaque pharmacien d’hôpital voit, en la manifestation du SYNPREFH, l’occasion de faire un point annuel sur l’actualité du métier.
En 2012, le syndicat a choisi, dans la dynamique de ses travaux, de poursuivre sa mobilisation sur la sécurité du patient. Pour la Présidente : « Le Ministère est sensibilisé, les directeurs et les CME également. Cela peut donner naissance à des plans d’action au sein des établissements dans la mesure où les intérêts se rejoignent. » Dans le domaine de l’erreur médicamenteuse, le SYNPREFH a beaucoup participé à la Commission de Revue des Erreurs Médicamenteuses (CREM) créée par l’AFSSAPS (nouvelle dénomination ANSM) et sera présent dans le nouveau dispositif qui doit se mettre en place autour de la DGS…
Pour mettre en place un circuit du médicament sécurisé, les technologies actuelles d’aide à la délivrance nominative ont la réponse. Mariannick Le Bot précise, qu’en matière de retour sur investissement, les directions d’établissements devraient rapidement en voir l’intérêt car l’aspect médico-économique et sécuritaire se rejoignent. Des médicaments et des DM bien utilisés permettront une diminution des maladies iatrogènes : « La 2ème étude ENEIS (Etude Nationale sur les Evénements Indésirables liés aux Soins) conduite par la DREES (Direction de la Recherche des Etudes et de l’Evaluation et des Statistiques), dont les résultats ont été publiés à l’automne 2010, ne montre pas de progrès sensibles sur les événements indésirables évitables », d’où la mobilisation de tous les acteurs de l’univers de la santé.
Le SYNPREFH fait partie des pionniers qui ont su sensibiliser depuis plusieurs années à la préoccupation sécuritaire dans la pratique de leur métier et à son intérêt majeur pour les patients. Un long et gros dossier que le syndicat place avec détermination en première ligne dans ses objectifs de réflexion prospective. Il milite notamment pour développer, au sein de PHRC et programmes de recherche en qualité hospitalière, les thèmes sur la sécurisation du circuit des produits de santé à l’hôpital. Il participe en particulier à la validation externe des données. Enfin, au coeur des pratiques professionnelles, six groupes de travail ont été créés dans la continuité de la publication du livre blanc de la pharmacie hospitalière. Les groupes exposent à Hopipharm leurs travaux à partir d’une analyse bibliographique et réglementaire. Des retours d’expérience qui aboutissent à des plans d’action. C’est en ce sens que le SYNPREFH traduit à Hopipharm son approche « pratique » du métier : une manifestation interactive très proche de tout ce qui participe à l’actualité professionnelle. Un vrai reflet « du terrain ».
Christine Lacoste www.capitalmedica.fr - Mai 2012